Pour la toute première fois, j’ai participé cette année aux Imaginales, sur le stand de Livr’S éditions. Les Imaginales, c’est un festival où, quatre jours durant, les amoureux des littératures de l’imaginaire peuvent s’en mettre plein les mirettes.

Cosplays, animations, tables rondes, conférences et dédicaces à foison. Sous le plus grand chapiteau, la « bulle du livre », se trouvent de nombreux auteurs invités sur les tables librairie ou d’autres sur les stands de leur maison d’édition. Tout autour, dans le parc, auteurs, illustrateurs et artisans proposent leurs créations sous des petits barnums.

Sur le papier, ce festival semble extraordinaire (et il l’est sans doute pour la plupart des visiteurs). Pour ma part, en tant qu’autrice, j’avoue que le bilan de ma participation est plutôt mitigé (pour ne pas dire décevant). Car la réalité est moins riante que ce que l’on pourrait croire…

Déjà, la bulle du livre est extrêmement bruyante, ce qui rend la discussion avec les lecteurs très compliquée, voire carrément impossible à certains moments.

Ensuite, il est clair qu’une bonne partie des visiteurs ne se déplace (parfois de très très loin) que pour venir passer quelques secondes avec les grosses stars (cette année Christelle Dabos ou Rebecca Yarros, entre autres). Prêts à passer jusqu’à 4 ou 5 h de piétinement dans une queue interminable pour obtenir la précieuse dédicace. Queue qui, au passage, empêche toute visibilité d’une partie des auteurs voisins. D’autres se jettent uniquement sur les livres hype, ceux qui squattent les têtes de gondoles des librairies et autres Cultura ; ceux qui défilent partout sur Instagram ou Tik Tok. Ils ne s’intéressent qu’à des romans déjà vus, qu’ils peuvent pourtant se procurer partout ailleurs.

Contrairement à des salons comme les Aventuriales ou Grésimaginaire, à l’inverse de festival du type d’Yggdrasil, beaucoup des lecteurs des Imaginales m’ont semblé dépourvus de la moindre curiosité. Ils n’étaient pas là pour découvrir, mais uniquement pour acheter « le roman dont tout le monde parle ». Ce qui donnait aux autres, ceux qui ne sont pas médiatisés (dont je fais partie), l’étrange sensation d’être complètement invisibles ou de n’être qu’un élément du décor, au même titre qu’une plante en pot posée là pour faire joli.

Entendez-moi bien, je ne dis pas que les gens devraient à tout prix acheter mes romans, hein. Je n’ai pas de rancoeur, je m’interroge sur l’intérêt de faire venir autant d’auteurs si seules les vedettes intéressent le public. C’est bien la première fois que le ratio nombre de visiteurs/personnes avec qui j’ai pu échanger sur mes livres a été aussi faible ! Je discute avec plus de gens sur les salons de campagne auxquels je participe régulièrement… Les gens passaient dans l’allée, regard rivé droit devant, sans même accorder un coup d’oeil aux stands des maisons d’édition. Invisibles, je vous dis !

Outre le fait qu’il s’agit d’une sensation extrêmement désagréable, ça laisse un arrière-goût d’énergie et de temps gâchés, qui auraient été mieux employés ailleurs ou à autre chose. Un constat partagé par un certain nombre d’auteurs avec qui j’ai échangé. Et je ne parle même pas des frais engendrés par un tel déplacement…

Heureusement que des aspects positifs sont venus contrebalancer cette mauvaise surprise : de belles rencontres, des retrouvailles, des dîners animés, des papotages et des fous rires !

Moi qui plaçais ce festival sur un piédestal, il est redescendu de plusieurs crans^^

Bref, les Imaginales, j’ai testé et je n’ai pas vraiment apprécié.

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