Pendant mon week-end aux Aventuriales, j’ai découvert une maison d’édition fort sympathique, Séma Editions. Plusieurs de leurs titres me faisaient de l’oeil, et j’ai fini par me décider pour une histoire de zombies (ça vous surprend ?^^), intitulée Projet Cornélia (premier tome d’une série).

Au début de ma lecture, j’ai été assez déstabilisée par les nombreuses références à des événements antérieurs. Après quelques recherches sur le net, j’ai compris qu’en fait Projet Cornélia fait suite à deux autres séries Les marcheurs et Les errants. Ce qui explique les références. Bon, vu comme je me suis régalée avec ce titre, me voilà obligée de lire les autres (et je rappelle à toutes fins utiles que Noël approche à grands pas ! 😉 ).

Le pitch :

Un mois après le déclenchement de l’épidémie, la Lorraine et le reste de la France ne sont plus qu’un champ de ruines où quelques personnes tentent de survivre.

Au milieu d’un monde qui s’effondre sous la poussée de hordes d’errants, Cornélia et Jean-Michel partent à la recherche de leurs proches.

Mais cette Grande-Mort qui sévit et des bandes de pillards font tout pour les en empêcher.

Entre atrocités, rencontres improbables, découvertes macabres et fous rires, les deux amis vont passer par toutes les émotions et croiser des gens surprenants, attendrissants ou inquiétants.

Alors, clairement, ce livre me semble plutôt à destination des ados, mais, même en tant qu’adulte vous y trouverez votre compte. L’auteur, Denis Labbé, prend grand soin de ne pas tomber dans la facilité et les écueils trop souvent inhérents à cette catégorie. Ici, l’ado  lecteur n’est pas pris pour un imbécile décérébré uniquement capable de lire des phrases de type sujet-verbe-complément (ce que l’on trouve malheureusement de plus en plus aussi dans la littérature adulte).

Les dialogues sont bien construits, sans recourir aux onomatopées ou aux expressions « djeun’s » toutes les deux phrases, ce qui a le don de m’agacer prodigieusement dans certaines publications à destination des jeunes. Bien au contraire : la langue est riche, le vocabulaire soutenu et la narration se fait au passé simple (non, les ados ne sont pas réfractaires à ce temps, ils sont tout à fait capables de le lire et de l’apprécier). La structure narrative est peut-être la seule concession faite à cette génération de zappeurs fous : rythme rapide et changements fréquents de lieux et d’actions.

Comme c’est agréable de lire un texte qui cherche à amener les jeunes vers la lecture, en utilisant leurs codes pour mieux les confronter à de la « vraie » littérature !

Les deux personnages principaux, Cornélia et Jean-Mich sont savoureux (je vous laisse les découvrir, ça serait dommage de vous spoiler), l’humour est omniprésent, tout comme des clins d’oeil à une littérature plus « classique ». J’ai déjà lu beaucoup d’histoires de zombies, c’est compliqué de faire dans l’original et de me surprendre. Denis Labbé utilise les conventions du genre, mais les agrémente de tout un tas d’idées surprenantes (sur les catégories de zombies par exemple) qui insufflent une certaine fraîcheur à tout le livre.

Si vous voulez vous faire une idée de sa plume, vous pouvez découvrir sa nouvelle gratuite Petit papa errant (rien que le titre est génial !).

Pour vous procurer Projet Cornélia, ça se passe ici.  Mais je vous conseille de lire ses livres dans l’ordre. Page Amazon de l’auteur.

Et maintenant, place à Denis Labbé !

1/ Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je suis né cent ans après Alice au Pays des merveilles, et le même jour qu’Alice Liddell qui a inspiré son personnage à Lewis Carroll. Autant dire que je suis marqué par l’imaginaire. J’ai publié une dizaine de romans, cinq recueils de nouvelles, autant de recueils de poèmes et une vingtaine d’essais. Et sinon, je suis professeur de lettres dans un lycée, universitaire et directeur de collection chez Séma éditions et Nutty Sheep. Ainsi qu’un fan de metal et un amoureux des chats. Je possède 10 000 albums et une trentaine de chats.

2/ D’où te vient cette passion pour les histoires de zombies ?

Je n’ai étrangement, aucune passion pour les histoires de zombies, et ce, malgré les six romans déjà parus (la trilogie les Errants, le premier tome des Marcheurs, celui d’Errances et celui de Projet Cornélia), ainsi que les quatre à paraître en 2018. Je suis entré en territoires zombies par hasard. En fait, j’ai toujours craint les zombies, et les films de Romero, que j’ai tous vus, m’ont toujours foutu la trouille. Mais un jour, je suis tombé sur la diffusion du deuxième épisode de la première saison de The Walking Dead, ce devait être en 2012 sur NT1. Rick se trouvait dans un char, entouré de zombies. Et là, j’ai eu un déclic. J’ai eu envie d’écrire une histoire mettant en scène les réactions d’un groupe de personnes face à des zombies. Le choix d’adolescents s’est fait de lui-même, parce que je suis professeur et que j’avais l’impression que cela n’avait jamais été fait.

3/ As-tu un rituel d’écriture, un moment privilégié pour écrire ?

Je n’ai pas réellement de moment privilégié pour écrire. Durant les vacances, je m’y mets dès le matin, mais cela peut durer jusque tard dans la nuit. Mon record, une scène d’Omnia, le Sang des Sorcières, un roman sorti en 2017 aux Editions du Chat Noir, que j’ai terminée vers deux heures et demie ou trois heures du matin parce que je ne parvenais pas à la finir. Sinon, le reste du temps, j’écris sur mon temps gagné, à n’importe quelle heure. En revanche, j’ai mis en place une sorte de rituel. J’écris sur la table de mon salon, assis au bord de mon canapé, près de la télévision, toujours allumée, un casque sur les oreilles dans lequel passent des albums de groupes de metal. Je ne peux écrire qu’avec de la musique.

4/ Si tu devais choisir entre l’enseignement et l’écriture, lequel choisirais-tu ? Et pourquoi ?

L’écriture. Mais je ne peux pas me passer de l’enseignement, parce qu’il faut que je gagne ma vie et que mes élèves m’inspirent des personnages. A l’heure actuelle, et malgré tous les livres que j’ai publiés, je ne peux pas vivre de mon écriture. C’est l’un de mes rêves, mais je doute d’y parvenir avant la retraite.

5/ Quel est l’adjectif qui te définit le mieux selon toi ? Et selon tes proches ?

Rebelle. Les gens qui me connaissent doivent être d’accord avec ça aussi. Je suis un éternel révolté. Mes goûts, mon caractère, ma manière de me comporter, je crois que tout peut le confirmer. En même temps, je suis toujours avide d’apprendre et de découvrir. Le monde me semble trop lisse, trop soumis, et celui de l’enseignement davantage encore. Mes collègues sont souvent des moutons qui suivent le troupeau et qui baissent la tête lorsqu’on leur dit de faire quelque chose. Si ce n’était pas le cas, nous ne serions pas traités de la sorte, payés deux fois moins qu’en Allemagne, deux fois et demi moins qu’en Finlande, et nous pourrions emmener nos élèves vers les sommets et non vers l’abattoir. L’écriture et le metal me permettent de gueuler ma révolte.

6/ Si tu ne devais plus lire qu’un seul livre jusqu’à la fin de tes jours, lequel choisirais-tu ?

Impossible. Ou alors, une encyclopédie. Je possède environ 10 000 livres dans ma bibliothèque, il est donc aisé de comprendre qu’il me serait impossible de n’en sélectionner qu’un. Même dresser la liste de mes cent livres préférés, ou de mes cent auteurs préférés, serait quasiment du même ordre.

7/ Quelle est ta définition d’un dimanche parfait ?

Je n’ai pas de dimanche parfait, parce que je ne peux pas faire tout ce que je souhaite en un seul dimanche : écrire, écouter de la musique, passer du temps avec ma femme, chiner, visiter un monument, lire un bon livre, apprendre de nouvelles choses, boire une bonne bière ou un verre de whisky, jouer à un jeu vidéo, regarder un bon film ou un match de foot.

8/ La question habituelle est : Lequel de tes personnages, tous livres confondus, aurait le plus de chances de survivre à une apocalypse zombie ? Pourquoi ?

Mais vu ta bibliographie, elle devient : Lequel de tes personnages, tous livres confondus, aurait le plus de chances de survivre à une journée chez les Schtroumpfs ? Pourquoi ?

Je trouve ta question amusante. Tous les personnages principaux de mes romans sont capables de survivre à une apocalypse zombie, non seulement ceux de mes séries de zombies, mais également mes sorciers d’Omnia, mon petit Troll pâtissier de Profitroll ou ceux à venir. Ils feraient de même chez les Schtroumpfs, parce qu’ils sont issus de mondes où ils doivent justement se battre pour exister. Comme nous tous.

9/ Dernière question (la question piège qui peut t’attirer des millions d’ennemis) : pain au chocolat ou chocolatine ?

Je m’en moque. Sincèrement. Tant qu’il est bien fait, on peut lui donner le nom qu’on veut. C’est comme une jolie fille ou un bon roman. Origine, prénom et titre ne comptent pas tant que la passion est présente. Je préfère acheter une bonne pâtisserie plutôt que me battre pour une dénomination régionale qui, de toute manière, possède sa légitimité. Je suis né en Lorraine, d’un père alsacien et d’une mère moitié lorraine et moitié vosgienne, je vis dans le Nord, avec une femme née dans le Nord, mais moitié pied noir et moitié franc-comtoise. Je possède du sang allemand et l’un de mes ancêtres est né à Galveston au Texas. Autant dire que je suis attaché à l’humanité, avec tout ce qu’elle possède de richesses dans ses différences.

10/ Le mot de la fin ?

Jamais de mot de la fin. Je n’aime pas mettre le mot fin à mes histoires. A rien du tout d’ailleurs. Lorsque je termine un roman, je fais une dépression post-partum. Et tous mes romans possèdent une fin ouverte qui me permet d’en écrire une suite si jamais cela me vient à l’esprit ou au cœur.

cornelia

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