Pendant le salon de Tulle,  j’ai fait quelques achats (trop peu à mon goût, banquier pas content oblige), dont un polar, Sanglante vérité de Franck Klarczyk. J’avais bien apprécié sa nouvelle Le jouet dans le recueil D’encres et de sang, dont je n’avais absolument pas vu venir la chute.

Côté romans, Franck donne dans le polar, âpre et réaliste. Imaginez ce que pourrait donner la rencontre entre l’univers cru d’Olivier Marchal et la plume documentée et souvent roublarde de Franck Thilliez…

Nous suivons l’enquête d’un flic, Gabriel Marcini, qui recherche le responsable d’un triple meurtre particulièrement sauvage, sur fond de trafic de stupéfiants. Les cadavres s’empilent dans la bonne ville de Tulle, et l’enquête peine à avancer.

Franck Klarczyk utilise tous les codes traditionnels du polar, et les détourne à sa sauce, pour mieux nous entortiller. Tout y est : la quasi apathie morne de certains flics face à ce déferlement de violence, le personnage du flic usé et à la vie privée en déliquescence, le commissaire charismatique et débonnaire, le collègue un peu ambivalent, les victimes ensanglantées…

Mais ne vous y trompez pas ! Une fois bien englués dans cette trame d’apparence classique, vous ne pourrez que vous faire avoir par la suite du récit. L’auteur nous manipule, nous met sur des rails que nous suivons sans réfléchir, jusqu’à la conclusion. Impossible après avoir refermé le livre de ne pas jubiler sur le mode « ah, je me suis bien fait balader ! », et de ne pas passer de longues minutes à revenir sur le tout à l’affût des indices disséminés dans les chapitres.

La narration au présent rajoute à l’effet uppercut, et le lecteur a la sensation d’être propulsé dans l’enquête. Les termes professionnels, assez nombreux, accentuent cette immersion anxiogène.

J’aime bien quand un polar me piège, mais pas avec l’astuce facile du coupable improbable sorti d’un chapeau à la dernière minute. Ce n’est pas le cas ici, tout est logique et bien ficelé. Et garanti sans zombies (encore que…) 😉

Une belle découverte ! A n’en pas douter, petit Klarczyk deviendra grand.

Seul bémol (et sans réelle importance) : le sous-titre Au coeur des collines corréziennes. Inutile à mon sens, mais sans doute voulu par l’éditeur pour insister sur l’aspect « local » du roman. Car Tulle est un personnage à part entière du roman.

sanglante

 

Place à l’auteur !

1/ Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

J’ai 49 ans, mais pas dans la tête. Cinéphile depuis mon adolescence, j’apprécie différents genres cinématographiques, comme les thrillers évidemment que j’adore aussi en romans.

Moi qui voulais être professeur, je suis devenu policier un peu par hasard et me sers aujourd’hui de mon expérience professionnelle pour construire et alimenter mes histoires, en leur donnant ce qu’il faut d’authenticité.

2/ Le parcours professionnel de ton héros, Gabriel Marcini, est assez semblable au tien. Est-ce une forme de clin d’œil, ou cela te rassurait-il de partir du connu pour écrire ton premier roman ?

Je ne saurais pas l’expliquer. Cela m’est venu naturellement avec mon arrivée dans la région. Pour mettre en scène la vie réelle des policiers dans un roman, quoi de mieux que de se référer à ce que vivent les flics dans leur carrière, comme Marcini et tant d’autres. Comme moi-même.

3/ As-tu un rituel d’écriture, un moment privilégié pour écrire ?

Je passe par un brouillon manuscrit, n’importe où et n’importe quand. Ensuite je retranscris à l’ordinateur, plutôt le soir, au calme.

4/ Si tu devais choisir entre la police et l’écriture, laquelle choisirais-tu ? Et pourquoi ?

J’aime rendre service aux gens, leur faire plaisir, c’est pourquoi je tends de plus en plus vers l’écriture.

5/ Quel est l’adjectif qui te définit le mieux selon toi ? Et selon tes proches ?

Un adjectif : rêveur.

6/ Si tu ne devais plus lire qu’un seul livre jusqu’à la fin de tes jours, lequel choisirais-tu ?

Trop difficile de répondre. Il y a tant d’œuvres à lire et que je ne connais pas encore.

7/ Quelle est ta définition d’un dimanche parfait ?

Un dimanche passé en famille ou avec des amis, ou tous ensemble.

8/ Lequel de tes personnages, tous livres confondus, aurait le plus de chances de survivre à une apocalypse zombie ? Pourquoi ?

Ah oui, c’est vrai, toi c’est les zombies…

Le gardien Christophe Adamczyk, je pense. Même si le lieutenant Gabriel Marcini ou M Bernard sont courageux et pleins de ressources, le jeune flicard, lui, tient à la vie.

9/ Dernière question (la question piège qui peut t’attirer des millions d’ennemis) : pain au chocolat ou chocolatine ?

Je préfère les croissants.

10/ Le mot de la fin ?

L’histoire n’est pas terminée…

En attendant je te remercie, Céline, pour cet interview.

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