Il y a quelques mois, sur ma page auteur (https://www.facebook.com/celinesaintcharle.auteur), j’ai proposé un concours à mes fans. La gagnante, Cathy Paris est devenue le personnage principal d’une nouvelle. Elle a elle-même choisi le thème, le baseball.
Il se trouve que je suis moi-même une grande fan de baseball, j’étais donc ravie de ce challenge.
J’ai beaucoup tardé à livrer cette nouvelle, car il n’est pas simple d’écrire sur un sujet opaque pour la plupart des lecteurs, aussi passionné qu’en soit l’auteur !
Mais ça y est, je l’ai finie 🙂
Elle s’intitule « Une bénévole hors du commun », petit clin d’œil qui ne manquera pas de faire sourire les afficionados 😉
Un énorme merci à Didier Seminet, l’adorable président de la Fédération Française de Baseball et Softball, qui a gentiment accepté de prêter son nom et sa fonction à mon histoire, en toute confiance, sans savoir ce que j’allais en faire.

Une bénévole hors du commun

Le premier contact de Cathy avec le baseball eut lieu un beau mercredi d’octobre. Les arbres commençaient tout juste à entamer leur déshabillage annuel et enivraient les passants de leur robe aux multiples teintes. Elle avançait avec son fils aîné le long de la voie de tram, le nez au vent, profitant de la douceur de l’après-midi. Le gamin, qui affectait d’ordinaire une attitude désintéressée de tout, sautillait quelques mètres devant, excité à l’idée de ce qui l’attendait. Elle le suivait du mieux qu’elle pouvait.

La semaine précédente, le collège avait emmené tous les élèves à un forum des associations sportives, afin de présenter toutes les possibilités offertes à ceux qui désiraient occuper leurs loisirs. Regroupés dans un terrain communal, les bénévoles des clubs avaient pour charge d’initier les collégiens à leurs sports respectifs, pendant toute une journée.

Adrien avait tout tenté pour ne pas s’y rendre : chantage affectif, cris, colère, menaces. Cathy avait tenu bon.

— Arrête ton cinéma, Adrien ! C’est comme une journée de cours normale, tu y vas, et c’est tout.

— Mais maman, à tous les coups, il n’y aura que du foot, du rugby et du basket. Tu sais bien que je n’aime ni l’un ni les autres !

— Ne dis pas n’importe quoi. Il doit certainement y avoir du judo, du tennis, et plein d’autres sports auxquels on ne pense pas forcément, et qui pourraient te plaire.

En le déposant devant le portail de l’établissement, elle avait eu droit à un regard courroucé. Adrien s’était éloigné, traînant son sac à dos, un air de martyr sur le visage. Cathy ne s’était pas attardée, elle avait encore ses deux petits frères à amener à l’école.

Le soir, à sa grande surprise, c’est un Adrien radieux qu’elle avait vu s’engouffrer dans la voiture. Il avait poussé un long soupir satisfait avant de s’écrier :

— J’ai trouvé quel sport je veux faire ! Tu avais raison, maman, cette journée était géniale !

Curieuse, Cathy l’avait interrogé :

— Et lequel ? Tu as récupéré une brochure ? Ça…

Elle s’interrompit, avant de demander le coût. Pas besoin de déjà commencer à assommer le gosse sous les soucis financiers, sans en savoir plus.

— J’ai tout ce qu’il faut. Je peux aller faire mon premier entraînement mercredi prochain. C’est à quatorze heures, au stade. Et c’est génial, répéta-t-il.

— Mais c’est quel sport ? insista Cathy.

— Du baseball !

— Baseball ? Mais on n’est pas aux États-Unis, s’étonna-t-elle.

De fait, comme c’était expliqué dans la plaquette remise par le club, du baseball il y en avait un peu partout en France, réalisa Cathy. La licence était un tantinet élevée, mais vu l’enthousiasme débordant d’Adrien, cela valait peut-être le coup de se serrer la ceinture, si son entraînement s’avérait concluant.

Aidée par les indications de la brochure, elle suivit le terrain de rugby municipal, contournant les vestiaires. Derrière un bâtiment bas, on devinait la présence d’un autre terrain couvert de pelouse, entouré d’un grillage vert à mailles serrées. Adrien et Cathy s’engagèrent sur la langue de bitume qui y menait. Ils longeaient le local pour accéder à l’entrée du terrain, quand retentit un bruit qui occasionna un raté dans le cœur de Cathy, sans qu’elle s’explique pourquoi.

Un Bam ! glorieux, bientôt suivi d’un Schplock ! plus assourdi, puis d’un éclat de rire enfantin.

— Bien joué ! Tu vois que tu y arrives ! Pile dans le gant ! fit une voix d’homme.

Cathy avança, vaillamment, malgré le terrain sablonneux qui freinait sa progression, et ne tarda pas à identifier les propriétaires des voix : un enfant de l’âge d’Adrien, rouge de fierté, et un jeune de vingt ans, armé d’une batte en bois. À une trentaine de mètres, une ligne de gamins d’une douzaine d’années, casquettes vissées au crâne, patientait sagement.

— Allez, suivant ! ordonna le jeune.

Aussitôt, un joueur courut se mettre en position. L’entraîneur piocha une balle blanche dans un seau à ses pieds, la lança doucement en l’air, et, d’un geste d’une grâce qui fit presque jaillir les larmes des yeux de Cathy, la frappa d’un coup de batte.

Bam !

Le bruit se reproduisit. La balle partit très haut, et tous les regards se levèrent pour suivre sa trajectoire. Elle monta très vite, et redescendit encore plus vite, si vite que Cathy craignait qu’elle ne vienne assommer l’enfant qui l’attendait en bas. Mais celui-ci, armé d’un gant de cuir qui semblait démesuré par rapport à sa petite main, était bien calé sur ses jambes, il ne perdait pas la balle de vue. Au dernier moment, il jeta une jambe en avant, s’inclina, tendit le bras gauche, et…

Schplock !

… la balle vint se lover docilement au creux du gant.

Pareillement médusés par un tel exploit, Cathy et Adrien ne purent se retenir d’applaudir. Surpris, l’entraîneur s’avisa alors de leur présence derrière lui.

— Bonjour ?

— Bonjour, je suis Cathy Paris, je viens pour mon fils Adrien. Il aimerait essayer le baseball, et éventuellement s’inscrire.

— Je suis Jérémy, l’entraîneur pour sa classe d’âge, les 15 U, enchanté.

Le jeune homme s’adressa à Adrien.

— Tu as une casquette, des baskets. Tu es paré ! Attrape un gant dans la caisse, et va te placer dans la queue, avec les autres.

— Comme ça ? Sans aucune préparation ? s’inquiéta Cathy.

— Oui, comme ça. Le baseball, c’est comme la natation. Si on ne se jette pas à l’eau, on ne peut pas apprendre.

— C’est bon, maman, je vais me débrouiller !

Sur ces mots, Adrien, son fils d’habitude si timoré, partit rejoindre les joueurs, à petites foulées sereines.

Cathy avait prévu d’aller faire quelques courses et de reprendre l’enfant à l’issue des deux heures d’entraînement, mais elle resta scotchée au bord du terrain, incapable de s’arracher au spectacle, et à ces bruits si caractéristiques qui la mettaient en émoi. Après s’être exercés à rattraper les balles frappées par leur coach, la quinzaine de gamins s’initia au maniement de la batte. Position des pieds, alignement des coudes, inclinaison des jambes, endroit où serrer le manche, rotation des hanches… rien n’était laissé au hasard. Cathy assista, émerveillée, à la décomposition soigneuse du mouvement qui permettait au batteur de faire retentir le Bam ! magique au moment du contact. Et pourtant, ça avait l’air si simple !

Adrien lutta vaillamment, il parvint même à toucher deux fois la balle, en dépit de ses gesticulations de pantin désarticulé. À la fin de l’entraînement, après quelques étirements, Jérémy le prit par l’épaule et l’encouragea avec bonhommie.

— Le baseball, si tu le pratiques avec sérieux, tu verras, tu l’apprivoiseras vite. Si tu l’aimes du fond de ton cœur, il te le rendra puissance dix. On te revoit la semaine prochaine ?

L’enfant hocha la tête vigoureusement. Jérémy s’esclaffa.

— À mercredi, alors.

Les premiers mois, Cathy eut beaucoup de mal à comprendre les règles du baseball. Elle traînait ses deux plus jeunes fils avec elle, ils assistaient tous les trois aux entraînements d’Adrien et tentaient en vain de tirer un tableau d’ensemble en assemblant tant bien que mal les morceaux lâchés par Jérémy. Une fois l’hiver venu, ils se réfugiaient dans la voiture quand le froid se faisait trop vif et hasardaient des hypothèses sur tel ou tel point du règlement. Cathy sortait son portable et cherchait les réponses sur Internet, tout en tendant l’oreille pour continuer à percevoir les Bam ! et les Schplock ! assourdis en provenance du terrain.

Bientôt, les deux petits réclamèrent à grand bruit de s’inscrire à leur tour au club. Cela représentait une dépense conséquente pour le budget de la jeune femme. Divorcée, seule avec ses trois gosses, caissière à temps partiel dans un supermarché, elle ne roulait pas sur l’or. Fermement décidée à ne pas laisser de simples considérations financières s’immiscer dans ce qui prenait le chemin d’une véritable passion familiale, elle s’évertua à accomplir des prouesses budgétaires pour offrir licences et matériel à ses enfants.

L’un ou l’autre des trois finit sans doute par s’ouvrir de ses difficultés à Jérémy, car ils rentraient régulièrement en annonçant que le club leur donnait un pantalon – d’occasion, mais encore utilisable – ou une casquette au sigle de l’équipe. Honteuse, refusant la charité, Cathy se décida un beau jour à en discuter avec l’entraîneur.

— Jérémy, on peut se parler ?

— Bien sûr !

— Voilà, Adrien, Thomas et Louis ont plusieurs fois eu droit à des cadeaux. J’ai vu sur le site de l’association que même les articles de seconde main sont vendus au bénéfice du club. Il n’y a pas de raison pour que je ne les paye pas. Et comme je ne le peux pas dans l’immédiat, je préfère tout te rendre.

Elle rougit, baissa la tête en lui tendant un sac plastique.

— C’est très gênant pour moi, tu comprends ?

Le coach ne prit pas le sac, mais la dévisagea longuement avant de répondre.

— Je vois. À aucun moment nous n’avons souhaité te mettre dans l’embarras. Nous avons cru comprendre que c’était plus compliqué pour toi que pour certains parents du club, aux revenus confortables. Mais je conçois que cela te gêne. Voilà ce que je te propose : tu gardes tout, et tu payes en bénévolat. Nous avons toujours besoin de bonnes volontés pour conduire les équipes sur les lieux des matchs, des tournois, ou pour tenir la buvette. Confectionner les sandwiches, servir les repas, les boissons. Ce genre de trucs, tu vois ?

Soulagée, Cathy accepta le marché.

Les années passèrent, les week-ends majoritairement dévolus au baseball. Petit à petit, elle devint incollable, se faisant expliquer plusieurs fois si nécessaire tous ces termes qui la ravissaient, émaillant les conversations de Hit by pitch, balk, et autres pick-off qui laissaient ses collègues de travail bouche bée. Les trois garçons grandirent, évoluèrent, jusqu’à finir par se retrouver dans la même équipe. Cathy était une silhouette familière aux abords du terrain, tout le monde la saluait avec chaleur. Car elle n’économisait ni son temps ni son énergie pour le club. Il y avait fort à faire, et Cathy répondait toujours présente.

Hélas, la cahute délabrée qui tenait lieu de buvette ne permettait pas de voir le terrain, et, petit à petit, Cathy apprit à reconnaître les phases de jeu à l’oreille. Un Bam ! retentissait, le couteau qui s’apprêtait à tartiner du beurre sur un généreux morceau de pain s’interrompait à mi-chemin, un frisson parcourait sa nuque. Les sourcils froncés de concentration, elle guettait la suite. En fonction du temps écoulé et de l’intensité du Schplock ! éventuel, elle devinait si l’action était positive pour son équipe. Les autres bénévoles riaient de l’entendre marmonner, avant de reprendre son tartinage :

— Dommage, on n’est pas passé loin du home-run.

Les gamins s’amusaient à vérifier ses capacités : l’un d’eux se postait aux abords du terrain et cavalait pour venir annoncer l’action, tandis qu’un complice, resté à la buvette, lui répétait les mots de Cathy. Même les cris des coachs ou des joueurs lui donnaient de précieux indices, et elle savait où en était le match.

— Un point marqué, devinait-elle.

— Bingo ! s’enthousiasmaient les gosses.

— Strike, hasardait-elle.

— Gagné ! applaudissait son auditoire.

Au fil du temps, Cathy devint une légende au sein du club, il ne manquait plus jamais de bénévoles, tant les gens adoraient assister à ses exploits divinatoires. Bien sûr, personne ne lui disait rien ouvertement, de crainte que sa grande timidité la pousse à se taire. Les autres guettaient ses paroles, et hochaient la tête, un sourire entendu sur les lèvres, à chaque bon pronostic. Soit huit fois sur dix. De mémoire de baseballeur, on n’avait jamais vu ça ! D’autant qu’elle ne mettait jamais un pied sur le terrain en tant que joueuse.

L’étrange aptitude de Cathy finit par arriver aux oreilles du président de la fédération, qui eut du mal à croire un tel exploit envisageable. Elle n’était qu’une bénévole, après tout ! Il résolut d’en avoir le cœur net, et de se rendre à l’improviste sur les lieux. Dissimulé dans l’ombre de la cahute, un œil sur le terrain, l’autre sur Cathy, il assista en direct à un sans-faute : aucune erreur, elle interpréta parfaitement tous les bruits du match. La rumeur disait vrai. Il s’agita un peu, pour décrisper ses muscles mis à mal par presque deux heures sans bouger, puis se dirigea vers la table où officiait la bénévole.

— Bonjour, je me présente, je suis…

— Je sais qui vous êtes, l’interrompit Cathy, de sa voix douce. Vous êtes Didier Séminet, le président de la fédération.

Il lui sourit, secrètement flatté.

— Je me suis déplacé spécialement pour vous, pour vos capacités.

Interdite, Cathy répéta :

— Mes capacités ?

— Je suis dans le baseball depuis plus de trente ans, c’est ma vie, ma passion. Et, pourtant, jamais je ne serais en mesure de « regarder » un match, juste à l’oreille, comme vous le faites. C’est fascinant. Je dois en parler en comité de direction, mais j’envisage de vous faire faire une tournée des championnats, pour mettre votre don en avant. Je serai franc, les temps sont durs, toute attention sur notre sport est bonne à prendre. Quelques journalistes soigneusement triés pour assister à tout ça, ça peut permettre au baseball de gagner en popularité et en audience. Qu’en dites-vous ?

— Je… je ne sais pas trop. Je n’ai rien de spécial. Et puis, dans ma situation, voyager…

Séminet prétendit ne pas comprendre à quoi elle faisait allusion.

— Tous frais payés, évidemment.

— Ce n’est pas ce que je voulais dire.

— Je sais pertinemment ce que vous vouliez dire, et, croyez-moi, ce n’est pas un problème.

À force de cajoleries, il finit par lui arracher son consentement.

Cathy, ses fils avec elle, passait désormais ses week-ends sur les routes, à se rendre sur toutes les compétitions nationales. Peu à peu, une routine fut établie, au bénéfice des journalistes sportifs et des spectateurs. À grand renfort d’effets théâtraux, on lui bandait les yeux, elle devait demeurer dos au terrain et lâchait ses pronostics d’une voix timide, dans un micro épinglé à sa poitrine. Chaque hypothèse juste était saluée de tonnerres d’applaudissements, tandis que ses rares erreurs recevaient des murmures d’encouragement.

Les journaux locaux en parlèrent, puis les télés, puis les médias nationaux, jusqu’à ce qu’elle fasse le buzz sur tous les supports de l’information. Cathy l’oreille de lynx, fut-elle surnommée affectueusement. Les tribunes ne désemplissaient pas, prises d’assaut par des curieux qui finissaient par se passionner pour ce sport d’apparence si hermétique. Le nombre de nouveaux licenciés explosa.

— Si j’osais, lui déclara un jour Didier, qui la tutoyait désormais, je te proposerais bien l’idée folle qui me titille depuis quelques semaines.

Cathy l’encouragea d’un sourire.

— Ta renommée commence à dépasser très largement le simple cadre du baseball, ainsi que les frontières. On te connaît en Belgique, en Suisse, en République Tchèque. Partout en fait où le baseball est implanté. Mais sans sortir encore des limites de l’Europe. Même la fédération de cricket me parle de toi ! Et si nous passions à la vitesse supérieure ?

Il afficha une mine de conspirateur, et lui lâcha tout doucement, près de l’oreille.

— La WBSC, la confédération mondiale… Un tour du monde des stades…

Cela prit quelques mois, mais Cathy finit par s’envoler pour une tournée estivale triomphale, dans un défilé incessant de premières fois qui lui mettaient des hirondelles dans le cœur : premier voyage à l’étranger, premier trajet en avion, premiers baragouinages en anglais… Australie, Canada, États-Unis, Japon, Cuba, quelle que soit la taille de la fédération nationale, si elle existait, Cathy s’y rendait. Elle prit peu à peu de l’assurance, sa voix gagna en force, elle oublia sa terreur de n’être rien ni personne, en raison de ses limites. Les bookmakers se déchaînaient, des fortunes se faisaient et se défaisaient sur ses performances prédictives, de Bam ! en Schplock !

Les Américains adoraient la détester et détestaient l’adorer, la petite Frenchie flanquée de ses trois ados éberlués. Cette année-là, les Yankees remportèrent les World Series, et attribuèrent généreusement leur victoire à la présence de Cathy dans le stade. Elle avait lancé la première balle du match, portée par quatre solides gaillards jusqu’au monticule du lanceur, afin de ne pas abîmer le revêtement du stade.

Car non, Cathy ne pouvait s’y rendre sur ses deux jambes. Les joueurs remplaçants des Yankees saisirent son fauteuil roulant et le déposèrent délicatement, pour ne pas la secouer plus que nécessaire. Son sang était saturé d’adrénaline, son souffle se dessinait nettement dans la fraîcheur de cette fin octobre. L’air sentait le sucre et les hot-dogs, le cœur du stade tout entier battait à l’unisson du sien. Elle savait qu’elle se fabriquait d’impérissables souvenirs, ne regrettant que l’absence de ses garçons, rentrés en France depuis longtemps, école oblige. Dans sa paume moite et tremblante, la balle pesait, confiante. Cathy s’appliqua à placer son poignet comme Jérémy le préconisait, elle s’appuya de l’autre main sur l’accoudoir de son fauteuil, cherchant à se surélever pour donner plus de souplesse à son geste.

Dans une clameur étourdissante, la balle quitta sa paume et s’envola gaiement vers le receveur.

Schplock !

Le gant du receveur accueillit la balle. Il se redressa, releva son casque et lui fit un signe appréciateur, pouce en l’air.

Cathy quitta le terrain, rougissante, reine éphémère sur son trône bringuebalant, sous les vivats du public.

— Je suis quelqu’un, murmura-t-elle en ronronnant de bonheur.

(4 commentaires)

  1. L’histoire ressemble à un conte bleu et elle est remarquablement bien écrite. Je suis souvent sévère sur la qualité du style au point de laminer certains auteurs qui ensuite me détestent cordialement ! Bravo! J’ai eu l’occasion de croiser les personnages réels dont la nouvelle s’inspire (la mère et le fils) et je me souviens que le choix du baseball m’avait fait penser que ce garçon sortait des sentiers battus et devait être plus intelligent que la moyenne. J’avais moi-même regardé ce sport à la télé, il y a longtemps, et alors que de nombreux sports me semblent fades et barbants (si on me met devant du foot, je somnole), j’avais trouvé que le baseball ne manquait pas d’un certain intérêt.

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