Bon, ce n’est un secret pour personne que, dès que j’entends le mot zombie, je me fige comme le chien du dessin animé Là-haut à la mention du mot écureuil. Prête à me précipiter sur ma proie.

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Vous vous doutez bien qu’en apercevant la couverture ci-dessous en me promenant dans les allées des Aventuriales, je n’ai pas pu résister et je me suis approchée.

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Dans le genre piège à Céline, on ne fait pas mieux ! Vouloir que je passe mon chemin, c’est comme demander à une frite de s’éloigner du ketchup, à Hannibal Lecter de ne pas entrer dans une morgue ou à Nabilla de reposer cette bouteille de shampoing.

Quatrième de couv :

Deep Harbor, charmante petite bourgade du Massachusetts : son port de pêche, sa conserverie, son unique hôtel, son lycée et ses hautes falaises battues par les embruns.

Un havre de paix jadis fondé par des colons anglais sur les terres ancestrales des indiens Wampanoag.

Deep Harbor : ses bois, ses marais, son cimetière, ses secrets…

Deep Harbor : 12.347 habitants. Et encore plus de macchabées.

Beaucoup plus.

J’ai donc entamé la conversation avec l’auteur (très sympa), qui m’a bien prévenue que son roman ne bouleversait pas la littérature zombie, qu’il l’a écrit en hommage au genre, et qu’il ne fallait pas que je m’attende à une histoire originale, dans le sens encore jamais lue.

C’est vrai.

Mais. Pas que.

L’écriture de Frédéric Czilinder est précise, affûtée, avec des phrases bien construites, il réfute brillamment l’idée selon laquelle littérature horrifique = sous-littérature. Il m’a rappelé l’excellent Feuilles de Michael Fenris dont je vous parlais il y a peu. Pas dans l’histoire, mais dans l’exigence d’écriture. Il y a bien quelques coquilles résiduelles, mais très très peu, et elles sont largement oblitérées par l’emploi parfait du passé simple et du subjonctif (oui, une autre de mes marottes, j’aime le passé simple, et trop peu d’auteurs l’utilisent à bon escient).

Il est clair qu’on est dans le zombie pur et dur avec des entrailles qui dégoulinent, des crânes qui explosent, des mares d’hémoglobine. Toutefois, contrairement à ce que Frédéric en dit, son roman possède une vraie originalité : il est construit sur une structure s’appuyant sur des repères temporels précis et courts. Une seule journée décrite sur 300 pages. Un rythme vitaminé, vif, entraînant. Comme si les réalisateurs de 24 heures chrono s’étaient intéressés à l’apocalypse. D’ailleurs, je n’ai pas pu m’arracher à ma lecture pour les 200 premières pages (et je ne l’ai fait que contrainte et forcée, pour avaler les 100 dernières dès que je l’ai pu). C’est un bouquin à dévorer ! (ouais, je sais, le jeu de mots était facile).

À force de consommer du zombie, je suis à la fois bon public et très exigeante. Ici, rien à reprocher. Les clins d’oeil et références sont discrets (pas comme le dernier roman d’un auteur français réputé, que je ne nommerai pas car je l’aime bien d’habitude, qui nous a pondu il y a peu un pseudo thriller horrifique, truffé « d’emprunts » bien lourdingues aux grands maîtres, et nous livre un bouquin assommant et soporifique, prouvant ainsi que la production à outrance nuit à la qualité [félicitations pour être allés jusqu’au bout de cette phrase à rallonge]), l’étude féroce des travers d’une petite bourgade américaine est incisive et ne serait pas reniée par le King lui-même, certains passages ont l’acidité cynique de Bazaar ou Brume.

Frédéric s’intéresse aux premières heures de l’invasion zombie, pas à ce que font les survivants pour s’organiser, et nous livre des pages savoureuses, où il n’hésite pas à zigouiller joyeusement ses personnages, jusqu’à un final que j’ai ADORÉ. Certes, tous les codes habituels sont utilisés, et les situations ont déjà été rencontrées ailleurs. Mais cela n’empêche pas Wake the dead d’avoir une identité propre, un charme absolument ravageur.

Il grimpe directement dans mon top 5 des livres de zombies (les deux premières places étant occupées respectivement par la trilogie Feed de Mira Grant et la trilogie du passage de Justin Cronin).

Je vous rappelle également mes coups de coeurs zombiesques pour l’hilarant 1, 2, 3… zombies ! , ainsi que pour Déchirés et Zombie Kebab.

J’espère recroiser Frédéric Czilinder sur un salon pour me faire dédicacer Danse macabre, que je vais m’empresser de me procurer (petit papa Noël, s’te plait, n’apporte pas de kalachnikov à mon banquier).

 

 

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