VICTIMES. SURVIVANTS. RAVISSEURS. CRIMINELS.

VOUS SEREZ TOUT CELA À LA FOIS.

Le téléphone sonne. Un inconnu a kidnappé votre enfant.

Pour qu’il soit libéré, vous devez enlever l’enfant de quelqu’un d’autre.

Votre enfant sera relâché quand les parents de votre victime auront à leur tour enlevé un enfant.

Si un chaînon manque : votre enfant sera tué.

VOUS FAITES DÉSORMAIS PARTIE DE LA CHAINE.

VOUS N’ÊTES PAS LES PREMIERS.

VOUS NE SEREZ CERTAINEMENT PAS LES DERNIERS.

Un résumé alléchant, un concept anxiogène au possible, qui promet des sueurs froides, même pour ceux qui n’ont pas d’enfant. Car, à moins d’être un sociopathe absolu, l’idée d’une chaîne constituée d’enlèvements d’enfants ne peut que provoquer empathie et frissons.

J’ai commencé ma lecture avec méfiance, car avec un tel sujet, il est facile de se casser la figure. De plus, trop souvent, les thrillers actuels partent d’une excellente idée mais ne tiennent pas leurs promesses. Adrian McKinty ne fait pas partie de ces auteurs qui se contentent d’un fond novateur et négligent la forme.

La chaîne est très bien écrit, rythmé, comme un bolide qui fonce plein gaz sur une route emplie de virages. Le lecteur assiste à cette course contre la montre en apnée, terrifié de ce qui pourrait advenir. Pendant toute la première partie, on assiste, impuissant, à la lutte de Rachel pour récupérer sa fille Kylie. Pour cela, elle devra se soumettre à toutes les exigences de la chaîne. Celle-ci devient presque une entité vivante, pulsant dans l’ombre d’une vie malveillante et sadique, un monstre tentaculaire auquel il est impossible de s’opposer, une araignée qui englue ses victimes dans sa toile.

Quand on doit choisir entre la vie de son enfant et faire souffrir celui d’autres personnes, que faire ? Adrian McKinty expose ce cruel dilemme avec soin et réalisme. Il est difficile de ne pas approuver les décisions de Rachel, de condamner celles des parents qui l’ont précédée. Tout au long de la première partie, je n’ai cessé de me demander : Et moi ? Comment réagirais-je dans cette situation ?

Contrairement aux chaînes postales qui ont fleuri dans les années 80, celle-ci fait payer de façon immédiate le moindre manquement. Il n’y a aucune échappatoire, aucune aide (sauf celle validée par la chaîne). À l’aide des technologies actuelles, la chaîne surveille, analyse, devine, sait…

Puis survient la seconde partie, plus linéaire, plus classique dans son contenu. Là, malheureusement, Adrian McKinty tombe dans les ornières éculées du thriller : coïncidences un peu exagérées, protagonistes qui se découvrent limite super-héros, nouveau personnage peu crédible (le mathématicien/programmeur prodige), final un peu trop hollywoodien…

Mais on lui pardonne, car il livre malgré tout quelques belles pages sur le stress post-traumatique des victimes dans cette partie.

Dans l’ensemble, La chaîne reste un très bon thriller, un page-turner réussi, qui se dévore en quelques heures. Et qui pose de bonnes questions d’éthique et de morale.

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