Mai 1871, en pleine Commune de Paris, Julien, quatorze ans, assiste impuissant à la mort de son frère, tué par un soldat de l’armée versaillaise. Injustement condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie, il jure de se venger. De retour du bagne après l’amnistie générale votée en 1879, Julien part sur la trace du meurtrier de son frère, à Pontgibaud en Auvergne, où il se fait embaucher à la Compagnie qui exploite les mines de plomb argentifère. Dans le même temps, échappant à un mystérieux passé douloureux, arrive dans la cité auvergnate une Anglaise, Annabella Wright. Venue se recueillir sur la tombe de son père, un ingénieur tragiquement décédé alors qu’elle était enfant, elle est accueillie par ses compatriotes travaillant pour le compte de la société minière. Alors que des doutes l’assaillent sur les circonstances qui ont coûté la vie à son père, elle croise le chemin de Julien. Leur quête respective de la vérité les rapprochera-t-elle ?


Je suis Véronique Chauvy depuis la parution de son premier ouvrage, L’éclair d’argent étant son cinquième. Pendant longtemps, j’ai relégué la littérature régionale en avant-dernière place de mon classement personnel, juste avant la romance. Je gardais souvenir de titres lus, qui se ressemblent tous dans une litanie de « c’était mieux avant » ou « ah qu’il était doux le temps de mémé Jeanne en sabots ».

Autant dire que je boudais le genre, souvent assorti d’une pauvreté d’écriture atterrante.

Et puis j’ai rencontré Véronique sur un salon et elle m’a conquise par son érudition, sa rigueur de travail de recherche et sa passion pour les pans peu explorés de l’Histoire. Alliées à son intérêt pour l’Auvergne et à une très belle écriture, ces qualités lui permettent de nous enchanter avec des romans plus que réussis.

Elle s’attaque ici aux mines d’argent de Pontgibaud, dans la région de Clermont-Ferrand, à la fin du XIXe, juste après la Commune de Paris. Cette dernière représente d’ailleurs un pivot central de l’intrigue, dont découle tout le reste. Les descriptions nécessaires à la bonne compréhension sont développées avec pédagogie, sans jamais ennuyer. On apprend énormément de choses, dans une succession d’évènements palpitants.

La plume exigeante de Véronique nous transporte dans les coutumes et le parler d’autrefois, avec un vocabulaire d’une richesse trop rare de nos jours (et encore plus dans la littérature régionale), sans être ni ampoulée ni précieuse. Les mots et les phrases se déroulent en arabesques magnifiques, qu’on prend plaisir à découvrir au fil des pages. Car, en plus d’être une historienne hors pair, elle possède un talent littéraire indéniable !

Pour parfaire le tout, Véronique Chauvy aime articuler ses romans autour de destins de femmes qui tentent, chacune à sa façon, de s’affranchir des diktats masculins de leur époque, avec un réalisme bluffant. L’éclair d’argent ne déroge pas à cette règle. Plusieurs femmes, aux vies et désirs très différents, sont dépeintes avec justesse. Adeline, la mère surmenée. Eugénie, la jeunette qui rêve d’autre chose que ce que son père a prévu pour elle. Liz, la bourgeoise naïve qui paiera cher sa candeur. Anabella, la franco-anglaise aux secrets bien cachés. Toutes sont émouvantes et attachantes et leur sort ne peut pas laisser indifférent. En dépit d’un ancrage local très marqué, elle sait toujours donner des accents universels à ses livres

.Les balbutiements de la conscience écologique sont également abordés, ainsi que les injustices flagrantes d’une société encore basée sur les classes, malgré l’avènement d’une République toute neuve. On frémit, on s’insurge, notre coeur bat à l’unisson de celui des protagonistes.

Véronique Chauvy sait avec adresse nous amener là où elle le souhaite : dans une prise de conscience que la naissance de notre démocratie et les droits des femmes sont nés dans la douleur et dans les soubresauts d’une société qui ne voulait surtout pas changer, dans un éclair d’argent qui peut nous consumer ou illuminer la voie.

Une vraie réussite, une fois de plus, qui ravira les amateurs de romans historiques et ne devrait pas manquer de convertir les réticents à ce genre.

Retrouvez mes retours sur ses romans précédents : Aux douceurs du temps , Une promesse bleu horizon et Le cri des hyènes.

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