Lorsqu’un mail provenant du ministère de l’Intérieur est envoyé dans les bureaux de la police de Grenoble, le trouble est semé. Il décrit l’endroit où gît le corps d’un célèbre avocat, Eddie Durand, assassiné dans des circonstances effroyables.

Au même moment, dans un petit village de Haute-Savoie, un suicide étrange éveille la curiosité des forces de l’ordre…A priori, ces affaires n’ont rien en commun. Mais un détail fait ressurgir un nom, celui de Valentin Monge. Le commissaire Sirus et ses hommes doivent replonger dans une sordide affaire classée de harcèlement, viol et suicide. L’ombre d’une vengeance semble désormais planer sur les enquêteurs. Mais tout va trop vite, et paraît incontrôlable.

Il n’y a plus de hasard. Ce n’est pas un jeu. C’est une démonstration.

Au début de ma lecture, je me suis dit « aïe », car le personnage du flic torturé et mal dans sa vie commence à être lassant. On le trouve partout et souvent sans réalisme aucun. C’était sans compter sur le talent de Sébastien Jullian pour dépeindre des flics très très crédibles et humains. Qu’il s’agisse du « héros », du commissaire ronchon ou de la championne en informatique, tous sonnent très juste. Personne n’est un superman capable de prouesses incroyables. Au contraire, leur « banalité » les rend vulnérables face au hacker auquel ils sont confrontés.

Tout au long du livre, l’auteur introduit des thèmes très actuels : les ravages du harcèlement scolaire, la fragilité d’une société de plus en plus basée sur une confiance absolue dans les nouvelles technologies, les parodies de justice portées par des avocats cabotins, l’impunité dont bénéficient les people… Il les utilise pour construire une intrigue d’autant plus terrible qu’elle pourrait sans problème avoir lieu en vrai. On se doute assez rapidement de l’identité du coupable, les indices disséminés le permettent facilement. Cela ne gâche en rien la lecture, puisqu’on se demande comment la révélation va se faire,  jusqu’où le coupable ira et s’il s’en sortira. D’autant qu’il est difficile de ne pas ressentir une certaine empathie pour ce tueur implacable…

Autre écueil assez récurrent dans les thrillers récents : une surenchère de gore et d’hémoglobine. Encore une fois, Sébastien Jullian tire son épingle du jeu : les victimes meurent dans des circonstances terribles mais il ne se complait pas dans des descriptions interminables et repoussantes. Ce qui rend ce thriller accessible à toutes les âmes, même sensibles.

Le berceau du talion est donc un roman maîtrisé, bien écrit et qui nous attrape dès le chapitre d’introduction, pour ne plus nous lâcher.

Je regrette juste l’absence de personnage féminin important, même si celles qui gravitent autour des protagonistes principaux sont bien campées (la scène d’interrogatoire de la veuve de l’avocat est juste excellente !).

Pour l’anecdote, je ne sais pas ce que l’auteur a comme passif avec la Savoie, mais il l’égratigne bien comme il faut à de multiples reprises, de piques assassines assez drôles.

Bref, n’hésitez pas à embarquer pour ce thriller machiavélique à souhait !

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