Comme vous le savez, je suis une grande fan des littératures de l’imaginaire en général et du post-apo en particulier. Quand il est bien fait, le post-apo – au delà du simple aspect « raconter une histoire » – offre des pistes réflexives sur notre devenir et nous tend un miroir sans concession sur ce que nous sommes.

Je vous présente aujourd’hui un roman que j’ai particulièrement aimé, qui réunit toutes les conditions requises pour un excellent post-apo. Mais pas seulement ! Beaucoup d’auteurs nombrilistes de cette littérature blanche sacralisée dans les cercles parisiens pourraient s’inspirer de la plume d’Emily St John Mandel 😉 (oui, j’aime bien envoyer quelques piques de temps en temps)

Résumé :

Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.

Mon avis :

Une scène de théâtre à Toronto, un soir. Un acteur très connu mais sur le déclin, trois fois divorcé, meurt sur scène en pleine représentation du Roi Lear. Au même moment, une grippe foudroyante commence à se répandre dans le monde et élimine très rapidement 99 % de la population. Arthur Leander, l’acteur, est celui qui relie entre eux, souvent à leur insu, les différents personnages de ce très réussi roman post-apo.

Emily St. John Mandel part de là pour livrer un roman brillant, magnifiquement écrit et empli d’humanité et d’espoir. Malgré l’effondrement de la civilisation, malgré les conditions terribles de vie, malgré les traumatismes, les survivants réapprennent peu à peu à vivre. Vingt ans après, ils se raccrochent à ce qu’ils peuvent et, surtout, à l’idée que survivre ne suffit pas.

À travers l’art (les pièces de Shakespeare), la musique, un musée de bric et de broc, ils réaffirment leur identité humaine et le besoin de beauté inhérent à notre nature, la communion des âmes autour de tout cela. Un roman graphique est également au centre de l’intrigue, poussant deux des protagonistes dans des voies diamétralement opposées, réflexion intéressante sur les effets de l’art selon les personnes.

L’autrice explore la vie d’avant des protagonistes, grâce à des aller-retour entre le présent et le passé, les raisons qui les poussent à réagir comme ils le font. C’est à la fois un roman profondément empreint de mélancolie, sans être triste, profondément optimiste aussi. Elle nous démontre de sa plume sensible et fine à quel point nous avons tort de ne pas savourer ce dont nous disposons tant que cela existe encore. C’est beau, c’est fort, d’un réalisme troublant et ce roman devrait être apprécié même par les lecteurs peu friands de post-apo, tant c’est réussi.

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