Aujourd’hui, je vous parle d’un roman plutôt brillant que j’ai découvert il y a peu. Il s’agit de Dam’, de Célia Barreyre, une autrice qui vit pas très loin de chez moi et que j’ai rencontrée en salon.

Résumé :

La vie d’Aliénor est faite de pierres qui roulent sur son chemin et de branches qui cassent. La découverte d’un corps sur un sentier de promenade va pousser la jeune femme à se battre avec et contre ses fantômes pour découvrir ce qu’il s’est réellement passé.

Au coeur du Livradois, plongez dans l’enquête d’Aliénor. Accompagnée de Baron Samedi – le dieu vaudou des morts – et de Minou, le fidèle chien de sa soeur Mathilde, elle découvrira la vérité.

Ce roman a été une très bonne surprise, tant au niveau de l’histoire que de l’écriture.

Réussir un thriller fantastique n’est pas donné à tous les auteurs, tant le mélange des genres peut s’avérer périlleux. Célia Barreyre s’en tire haut la main. Elle crée une ambiance très particulière, portée par le personnage principal d’Aliénor. Avec la narration en « je », le lecteur plonge dans les méandres de l’esprit de cette jeune femme alcoolique, sans qu’aucune des difficultés lui soit épargnée. Avec un réalisme troublant, l’autrice jongle entre les méfaits de l’alcool et le terreau dépressif d’Aliénor, une situation qui influe sur la façon dont ce personnage envisage les évènements, ainsi que sur la façon dont les autres la perçoivent. Cela apporte un vrai plus au roman.

La mécanique de pensée et d’action d’Aliénor sont crédibles et, loin des poncifs habituels, donnent une épaisseur rare à l’histoire. On est à l’opposé de ces histoires de flics alcoolos et torturés, dont les traumatismes ne servent qu’à faire avancer l’intrigue. Ici, bien au contraire, c’est l’intrigue qui sert à explorer la façon dont Aliénor se débat contre ses démons (au sens propre comme au sens figuré) et emprunte péniblement le chemin vers une possible rédemption.

Histoire de résilience, d’amour sororal, de regrets, de deuils, Dam’ n’oublie pas pour autant de proposer un thriller efficace campé par des notables louches et des complices répugnants. L’histoire est terrible et malheureusement très envisageable.

L’écriture de Célia Barreyre est exigeante sans jamais être ampoulée, précise sans oublier une certaine poésie, elle emporte au fil des pages avec un humour certain en arrière-plan.

Une belle découverte !

Et maintenant, la parole est à Célia !

1/ Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Célia Barreyre, assistante sociale, maman, rôliste, autrice et lectrice (mais pas tout en même temps). J’habite Lezoux, une jolie petite ville d’Auvergne à la campagne, dynamique et pourvue d’une librairie avec une libraire formidable.

J’ai une passion pour les lettres qui remonte à mon adolescence, que j’ai d’abord exprimée à travers le jeu de rôle en ligne sur forum, avant de franchir le pas de l’écriture d’un roman sur les encouragements de ma fille. C’est en partie pour elle et grâce à elle que j’ai écrit en 2017 « Flux – les enfants de Joans » (dystopie contemporaine) qui est actuellement édité chez Marathon Éditions.

Depuis je continue mes explorations littéraires, que ce soit en tant que lectrice ou qu’autrice. J’ai une affection toute particulière pour la SF/Hard-SF, et une aversion toute particulière pour la romance.

2/ Tu as écrit un thriller fantastique destiné aux adultes et une duologie dystopique ados/jeunes adultes. Est-ce que ce n’est pas trop difficile de faire ainsi le grand écart entre les genres et les publics ?

Ce n’est pas tant l’écart de genre que de public qui est coriace. Il m’a été plus difficile d’écrire pour les ados que pour les adultes, car naturellement, j’ai une appétence des personnages nuancés qui ne font pas consensus, avec un style d’écriture parfois un peu moins facile d’accès aux jeunes adolescents. C’est plus de travail et moins de spontanéité pour moi que de l’adresser à un public jeune. Mais j’ai adoré ! D’ailleurs j’ai entamé un roman à l’adresse des 10/12 ans, et j’accompagne des collégiens dans différents projets d’écriture.

3/ As-tu un rituel d’écriture, un moment privilégié pour écrire ?

Non je n’ai pas de rituels, et je suis même une élève absolument indisciplinée. Je n’écris pas du tout régulièrement, je fais vraiment en fonction de mes envies, de ma motivation, des jours pairs, de la vitesse du vent, de l’âge du capitaine et de la conjonction des planètes.

Bon. Si. Il me faut du silence. Je n’arrive pas à écrire dans le bruit et, contrairement à beaucoup d’auteurs, dans la musique.

4/ Si tu devais choisir entre la lecture et l’écriture, laquelle choisirais-tu ? Et pourquoi ?

Ah non ça c’est impossible je ne peux pas choisir, les deux sont nécessaires à mon bien-être, à mon équilibre. Mon écriture se nourrit de mes lectures, des autres auteurs. Elle m’aide aussi à rompre avec la charge du quotidien, elle me permet de préserver des moments à moi, elle m’apaise. Il en va de même de l’écriture. Je pourrais arrêter d’écrire des romans si la nécessité m’y obligeait, mais je trouverais un placebo, un autre support qui me permettrait de revenir à l’expression littéraire. J’écris depuis mon adolescence (sous diverses formes) et je n’ai jamais pu m’en passer plus de 6 mois. Je ressens un manque immense si j’arrête. C’est presque une thérapie chez moi (oui je sais, c’est hyper cliché de dire un truc pareil, mais j’assume).

5/ Quel est l’adjectif qui te définit le mieux selon toi ? Et selon tes proches ?

La plupart des gens qui me côtoient disent « empathique ». C’est assez vrai… et ça n’est pas toujours un avantage (à kiki que l’inconnu dépressif va tenir le grappin toute la soirée ? À kiki qu’on va raconter sa life aux dîners pros ? bref…).

Je suis très sensible à mon environnement, que ce soit les personnes, les chemins de vie, les drames du quotidien, les peines immenses, les moments de grâce, les beautés éphémères, les joies fulgurantes. Ce n’est pas de l’hypersensibilité, non. Disons plutôt que tout me meut (comme dit tout bon auvergnat qui se respecte… rapport à la vache.. rapport à « meuh meuh ». C’est bon ? Vous l’avez ?).

6/ Si tu ne devais plus lire qu’un seul livre jusqu’à la fin de tes jours, lequel choisirais-tu ?

La notice de montage de ma bibliothèque Ikea. Je ne désespère pas de la comprendre un jour. Sinon, je pense que ce serait « Les raisins de la colère » de Steinbeck. Y’a toute la quintessence de l’humanité dans ce livre.

7/ Quelle est ta définition d’un dimanche parfait ?

Pyjama, petit-déjeuner gargantuesque, une petite séance de sport − histoire de botter les fesses de la culpabilité à ne rien faire le reste de la journée – du soleil, un bon livre…. Et pas de gosses. Plus. Pas. Jamais.

8/ Lequel de tes personnages, tous livres confondus, aurait le plus de chances de survivre à une apocalypse zombie ? Pourquoi ?

NB : Il y a eu une incompréhension, puisque Célia a répondu en parlant du personnage de la littérature en général

Sans hésiter Benvenuto Gesufal de « Gagner la guerre » (Auteur Jean-Philippe Jaworski). Il ne comprendrait rien à ce qui se passerait, se retrouverait complètement dépassé par les évènements, mais Filouterie est sa mère et Opportuniste son second prénom. De façon complètement inattendue et dans les situations les plus désespérées, il trouverait encore le moyen de s’en tirer. Sans les honneurs, certes, mais on ne peut pas tout avoir.

9/ Dernière question (la question piège qui peut t’attirer des millions d’ennemis) : pain au chocolat ou chocolatine ?

Pain au chocolat. Ne laissons pas une minorité faire croire aux américains qu’ils peuvent faire n’importe quoi avec du chocolat et de la pâte à croissant, car rien ne dit vraiment, dans ce nom, ce que peut être une chocolatine. C’est la porte ouverte à tous les abus gustatifs.

10/ Le mot de la fin ?

Fin.

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