Novembre est de retour, et avec lui mon petit rituel annuel : faire le tri dans mes lectures des douze derniers mois pour désigner mes grands gagnants.
Enfin, « petit rituel »… C’est vite dit. Parce que choisir six romans parmi toutes les lectures de l’année, c’est un excellent moyen de passer un temps déraisonnable à hésiter, comparer, changer d’avis, puis revenir à son premier choix.

Comme chaque année, je distingue les romans francophones et anglophones. Et comme chaque année, ce classement est parfaitement subjectif. Je n’ai pas l’intention de prétendre le contraire : ce sont mes lectures, mes goûts et mes coups de cœur. Je suis donc seule responsable des éventuelles injustices commises envers les malheureux restés au pied du podium.

Mon podium francophone

🥉 3e place — L’Animonde, de Geoffrey Claustriaux

Un récit d’effondrement mené tambour battant, avec une révolte généralisée des animaux (du plus petit au plus gros). C’est jubilatoire au possible, même si ça met mal à l’aise à de nombreux moments, tant cela résonne avec nos peurs les plus profondes.

🥈 2e place — La Gula, d’Efsy Washington

Celui-là m’a donné du fil à retordre. Et c’est précisément pour cette raison qu’il figure aussi haut dans mon classement.

J’ai commencé ma lecture en fronçant les sourcils devant des maladresses d’écriture qui, en temps normal, m’auraient fait abandonner le roman. Puis j’ai commencé à me demander si elles étaient réellement accidentelles. Et si tout cela participait d’un projet narratif beaucoup plus ambitieux ?

Je ne sais toujours pas si mon interprétation est la bonne. En revanche, je sais qu’Efsy Washington a réussi à me faire réfléchir à ma propre manière de lire, à ce que j’accepte d’un récit, à ce que j’oublie en tournant les pages et à la facilité avec laquelle nous consommons certaines horreurs.

Un roman qui m’a autant fait travailler les méninges méritait bien sa place sur le podium.

Lire ma chronique complète de La Gula

🥇 1re place — Le Recommencement mécanique, de Charlotte Pili

Voilà un roman qui m’a rappelé pourquoi j’aime autant la science-fiction.

Une idée de départ remarquable, une intrigue construite avec intelligence, des personnages qui ne se laissent pas facilement cerner et, surtout, cette capacité à me surprendre sans jamais tricher avec la cohérence du récit.
J’ai particulièrement apprécié la manière dont Charlotte Pili aborde des questions complexes sans noyer son lecteur sous les explications techniques. L’univers est crédible, les enjeux parfaitement compréhensibles et l’histoire ne perd jamais sa place au profit de la démonstration.

Quant à Kali, son intelligence artificielle, il m’a laissé une impression de malaise assez fascinante.

J’ai repoussé l’heure du coucher pour continuer ma lecture et, une fois le roman terminé, je suis revenue sur certains passages. Quand un livre me donne envie de le prolonger alors que j’en connais déjà la fin, il a gagné.

Lire ma chronique complète du Recommencement mécanique

Mon podium anglophone

🥉 3e place — L’Hiver du monde, d’A. G. Riddle

De la SF mâtinée de post-apo (premier tome d’une trilogie qui nous mène aux quatre coins de l’Univers) très bien menée, avec des trouvailles plutôt futées pour amener la planète au bord de l’extinction.

🥈 2e place — Le Livre des portes, de Gareth Brown

Un premier roman brillant d’inventivité et aux personnages bien campés. Je me suis régalée du début à la fin (mention spéciale à une théorie peu utilisée dans la SFFF sur les voyages dans le temps).

🥇 1re place — Wayward, de Chuck Wendig

Après l’ébouriffant Wanderers (Les somnambules en VF) en 2021, Chuck Wendig revient avec cette suite tout aussi intense.
Que les fans du King se rassurent : avec Wendig, la relève est assurée !
Ok, il faut aimer les pavés qui n’hésitent pas à digresser et les intrigues tordues. Mais quel put*** de bonheur à lire !

Et pour 2027 ?

Six romans, six univers et autant de bonnes raisons de continuer à faire grimper ma pile à lire, qui n’a pas besoin d’encouragements.

Ce classement laisse forcément de côté d’autres très belles découvertes. Mais c’est aussi ce que j’aime dans cet exercice : il m’oblige à réfléchir aux histoires qui m’ont vraiment marquée, au-delà du plaisir immédiat de la lecture.

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