Le collège, c’est l’enfer. Surtout depuis que Guillaume et sa petite bande m’ont pris pour cible. Moqueries, coups bas, brimades, ils s’acharnent, et je subis, paralysé par la peur.Lili, ma meilleure amie depuis ma plus tendre enfance, bénéficie, elle aussi, du statut peu envié de souffre-douleur attitré. Guillaume nous a éloignés l’un de l’autre, et je n’arrive plus à atteindre celle pour qui mon cœur bat… sauf lorsque je prends mon violon et qu’elle chante.Alors, je me sens pousser des ailes. Ces ailes que la réalité nous coupe, dès que nous remettons un pied au collège.Allons-nous réussir à retrouver notre liberté et à prendre notre envol, Lili et moi ?

Écrire sur le harcèlement scolaire n’est pas chose aisée. Il est facile de tomber dans le pathos extrême, la victimisation à outrance ou un phrasé ado décrédibilisant le propos. Axelle Colau passe à merveille au travers de tout cela et livre un roman sensible et très juste. À aucun moment elle ne sacrifie la qualité littéraire et parvient à émouvoir avec une plume exigeante, un niveau de langue élevé (mais qui reste néanmoins compréhensible pour les plus jeunes).

Les comportements de tous sont passés au crible avec délicatesse, sans toutefois hésiter à décrire des actes et des situations d’une grande dureté. Qu’il s’agisse de Lili et Adrien, les harcelés, des harceleurs ou de ceux qui détournent le regard, l’autrice nous amène à entrer dans leurs têtes et à comprendre les raisons de leurs réactions. Le mécanisme du harcèlement est décrit avec pertinence, depuis les prémisses jusqu’aux actes terribles qui peuvent en découler, d’un côté comme de l’autre. Le passage du harcèlement physique dans les établissements scolaires à celui, plus insidieux encore et permanent, sur les réseaux sociaux, étouffe le lecteur dans la même sensation d’oppression que les victimes. L’incapacité des adultes à voir, en raison de la chape de silence que tous observent, est également détaillée. Il est si facile de passer à côté…

À mon sens, ce roman devrait être étudié dans tous les collèges, afin de contribuer à la lutte contre ce fléau qui tue de plus en plus, et des enfants de plus en plus jeunes. Plutôt que des séances en classe sous forme de conférences, le passage par la littérature et l’émotion ressentie à la lecture d’AliN pourraient porter leurs fruits. Il peut aussi être une lecture commune en famille, à titre préventif ou curatif. Les vertus pédagogiques du livre sont aussi importantes que sa qualité d’écriture.

Car on ne sort pas indemne de ce livre, que l’on soit ado ou adulte. On ne peut que ressentir de l’empathie pour les personnages, dépeints sans manichéisme.

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