LES ENQUÊTES DE MYRTILLE ET BARNABÉ

Tome 2 : Rendez-nous la maitresse !

En temps ordinaire, Myrtille déteste le lundi matin. Elle grogne, râle, peste, bâille… Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas sortir du lit. Elle traine pour s’habiller, refuse son petit-déjeuner et se rendort à moitié en se brossant les dents. La plupart des lundis, sa maman finit par se fâcher. Et s’il s’agit d’un lundi tout gris ou de grand froid, c’est la cata ! La mauvaise humeur de Myrtille peut alors durer toute la journée. Gare à ceux qui se trouvent sur sa route ces jours-là !

Pourtant, ce matin, elle s’est levée sans rouspéter. Avant même que le réveil sonne, d’ailleurs. Elle était la première prête et installée à la table de la salle à manger. Elle a englouti trois tartines, une demi-pomme et un yaourt, et a vidé un grand verre de jus d’orange. Ses parents se regardent, étonnés. Quelle mouche a bien pu piquer leur grincheuse de fille ?

Avec un air innocent, sa maman lui touche discrètement le front. Rien. Pas de fièvre. La peau de Myrtille semble à la bonne température.

Son papa demande :

— Au fait, tu réalises qu’aujourd’hui, c’est lundi ? Notre weekend est terminé, c’est le début d’une nouvelle semaine.

Myrtille répond oui en hochant la tête. Elle dévore une dernière tartine, elle ne peut rien dire. Ce n’est pas poli de parler la bouche pleine, on le lui a assez répété.

Pendant qu’elle se lave les dents, ses parents s’interrogent :

— Elle n’a pas l’air malade, commente sa maman, songeuse.

— Elle sait quel jour on est, ajoute son papa.

Ils l’entendent chantonner dans le couloir. Ça alors, Myrtille met ses chaussures sans qu’ils aient besoin de lui dire deux millions de fois ! Du jamais vu ! C’est évident, il se passe quelque chose de pas normal du tout.

— Euh, Myrtille, lance papa, pourquoi es-tu de si bonne humeur ?

Surprise, la petite fille ouvre de grands yeux.

— Comment ça ?

— Tu chantes, tu souris, tu ne ronchonnes pas. Avec maman, on s’inquiète.

Myrtille finit de boutonner son manteau. Tout en calant son cartable sur ses épaules, elle s’indigne :

— Les parents, ça n’est jamais content ! Si je prends du retard, ça vous met en colère. Si je suis sage et à l’heure, ça ne vous plait pas non plus. Il faudrait vous décider !

Sans attendre que ses parents stupéfaits trouvent à lui répondre, elle sort de l’appartement. Direction l’école Pierre Perret.

À une rue de son immeuble, elle retrouve son copain Barnabé. Il habite une grande maison et la guette tous les jours devant son portail. Lui aussi est d’excellente humeur.

— Ah, enfin te voilà, Myrtille ! Je n’en pouvais plus de t’attendre.

— Je ne suis pas en retard, je suis même en avance, proteste son amie.

Comme elle, Barnabé est pressé d’arriver à l’école. C’est la rentrée des vacances de Toussaint, ils vont retrouver leurs copains. Mais également Amélie, la maitresse. Ils étaient déjà avec elle l’année d’avant, au CP. Ils ont eu de la chance : cette année, Amélie assure la classe de CP-CE1. Quand Myrtille a appris qu’elle allait encore l’avoir pour maitresse, son coeur a fondu de bonheur.

Amélie n’est pas une maitresse comme les autres. Elle ne se fâche pas, ne crie jamais. Elle accueille les enfants le matin avec un grand sourire tout doux, qui donne envie de se jeter sur elle, pour lui donner un câlin. Bien sûr, personne ne le fait, ce n’est plus la maternelle. Ça n’empêche pas d’en rêver en secret.

Avec elle, tous fournissent des efforts pour travailler. Même Renaud le polisson, qui reste sage comme une image. Même Lisa, qui ne comprend pas toujours toutes les leçons. Si un enfant se trompe, ou n’y arrive pas, Amélie ne le punit pas. Elle passe sa main dans ses cheveux et lui réexplique.

— L’important, répète-t-elle souvent, c’est de ne jamais terminer une journée d’école sans avoir appris quelque chose. Ça peut être tout riquiqui, du moment que votre cerveau repart plus rempli que le matin.

D’ailleurs, pour le vérifier, elle prend toujours quelques minutes chaque jour. Elle interroge trois ou quatre enfants au hasard et leur demande ce qu’ils pensent avoir appris. Les premières semaines, l’année dernière, ils ne savaient pas quoi répondre. Maintenant, ils ont compris : écrire un nouveau mot, trouver la solution d’un problème, retenir une poésie… Chaque jour sert à agrandir ses connaissances.

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